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Un nouveau livre de Jean-Claude Larchet vient de paraître aux éditions du Cerf, dans la prestigieuse collection « Cogitatio fidei », avec comme titre « La théologie des énergies divines » et comme sous-titre « Des origines à saint Jean Damascène ».
Dans cet ouvrage de près cinq cents pages, l’auteur montre que la théologie des énergies divines est apparue dans le christianisme dès l’origine, discrètement d’abord, avant de faire l’objet d’un développement progressif, avec des points culminants d’une part dans l’œuvre de saint Grégoire de Nysse et d’autre part dans celle de saint Maxime le Confesseur où elle trouve une élaboration presque complète, avant d'être confirmée par saint Jean Damascène et systématisée, sept siècles plus tard, par saint Grégoire Palamas.
Soulignant dans son introduction l’importance fondamentale de cette notion pour la théologie et la spiritualité chrétiennes, pour une évaluation équitable de la théologie de Grégoire Palamas, et aussi pour le dialogue œcuménique, l’auteur étudie ensuite, dans l’Écriture sainte et chez tous les Pères où elle apparaît (en présentant les fruits d’une recherche qui, dans la plupart des cas, n’avait jamais été menée auparavant), la notion d’énergie(s) en rapport avec la notion d’essence à laquelle elle est souvent associée, mais aussi en relation avec tous les thèmes auxquels elle se trouve étroitement liée, en particulier la connaissance de Dieu, la grâce et la déification de l’homme. Est ainsi revisitée l’ensemble de la spiritualité chrétienne dans son mystère le plus profond : celui de Dieu qui, étant par nature au-delà de toute essence créée et par là inconnaissable et imparticipable, se rend néanmoins, par grâce, connaissable et pleinement participable à l’homme.

 

Présentation de l’éditeur:
« La distinction de l’essence et des énergies divines a fait l’objet d’une élaboration et d’une précision remarquables dans la théologie de saint Grégoire Palamas (XIVe siècle) et occupe une place considérable dans la théologie et la spiritualité de l’Église orthodoxe, tandis que la théologie de l’Église latine non seulement est restée étrangère à cette distinction mais s’est généralement montrée critique à son encontre, accusant Palamas d’innovation.
Les enjeux de cette distinction sont cependant d’une grande importance puisqu’ils concernent notamment les questions de la nature et des limites de la connaissance de Dieu, de la nature de la grâce (créée ou incréée), et des modalités de l’union de l’homme à Dieu et de sa déification. On peut donc dire que, bien que ce sujet n’y soit guère abordé, l’avenir du dialogue œcuménique en dépend aussi.
La question de la représentation chrétienne de la notion d’énergie(s) divine(s) est importante également par rapport à des représentations para-chrétiennes ou non chrétiennes de cette notion que l’on a pu observer dans certains courants philosophiques et religieux du bassin méditerranéen, du Moyen-Orient ou de l’Extrême Orient de l’Antiquité et du haut Moyen-Âge, et qui resurgissent de nos jours dans certains courants spiritualistes qui s’en inspirent.
Cette étude a pour but de préciser la place et le sens de la notion d’énergie(s) divine(s) et de ses corrélats dans la théologie des Pères grecs de la période patristique classique, s’étendant des origines à saint Jean Damascène (VIIIe siècle). Elle n’omet pas de considérer ses racines scripturaires. Elle prend soin aussi de présenter ses occurrences philosophiques dans l’Antiquité et durant la même période, faisant ainsi apparaître, par comparaison, la spécificité de la pensée chrétienne. »